[Beta Test] Maybot Run – Brexit moi encore

Maybot Run, est un jeu de type runner à visée mobile mais également distribué sur la plate-forme Steam. Développé par Bloodline Games, Il est le premier né de ce studio  constitué par une petite équipe venue du Royaume-Uni dont les membres jouent et codent depuis l’Amstrad CPC (sorti en 1984). Ce studio affiche comme objectif  de proposer des jeux intéressants et amusants. Alors, pari réussi ou complètement raté ? Nous avons testé pour vous la version beta du jeu sous Steam (version 0.17).

Disclaimer : Le jeu bénéficie de mises à jour assez régulières. De ce fait les points abordés dans ce test pourraient être modifiés dans les versions ultérieures.

Premiers pas chez les conservateurs Grand-Bretons

Le jeu se veut une satire de l’univers politique britannique actuel. Le joueur est propulsé en plein Brexit sous le gouvernement de Theresa May et du parti conservateur.

Ce pitch vous a mis l’eau à la bouche (ou pas) ? Le moment de lancer le jeu est enfin arrivé !

Bienvenue sur l’écran titre…qui affiche déjà plusieurs problématiques d’ergonomie. Vos reflexes de gamer seront stressés au maximum puisqu’aucun menu n’est là où on l’attend. Vous souhaitez sortir du jeu ? Tandis que les plus bourrins utiliserons un bon vieux alt+F4, les plus patients devront se rendre dans le menu de sélection de la difficulté et cliquer sur « The Red Button » situé juste en dessous des modes faciles et difficiles, logique. On vous avait prévenu, ce jeu commence déjà dans le WTF.

« The red Button » n’est pas un mode hardcore mais bien ce qui permet de quitter le jeu…

En parlant du choix de la difficulté, vous pourrez choisir entre deux modes de jeu : facile ou difficile. Si vous êtes un joueur moyen, tant pis pour vous.

Tu dois désapprendre tout ce que tu as appris

On discute, on discute, et on oublierait presque de lancer le jeu. En bon runner, on se précipite sur notre manette de Xbox One, branchée et détectée par le jeu, c’est parti !

Visuellement, on pourrait reprocher aux graphismes du jeu leur simplicité mais qui correspondent finalement assez bien à l’orientation satirique du jeu. Cette pauvreté de textures arrive même à se faire presque oublier après quelques parties.

Vous reprendrez bien une bombe ?

En revanche, la surprise absolument inoubliable réside dans les commandes du jeu (qui ne sont bien évidemment pas modifiables) : si vous avez déjà joué à un runner – qui consiste à courir, se baisser et sauter – et ce sur n’importe quelle console depuis la super Nintendo, la touche pour sauter est naturellement définie par la touche la plus proche du joueur (A pour une manette de Xbox et X pour une manette de PlayStation). Et bien ici, la touche de saut est placée sur la touche B et le bouton pour se baisser sur la touche A.  Parce qu’on a une conscience professionnelle, nous avons voulu vérifier si la même chose était proposée avec une manette de PS4 (DS4 dans le menu de configuration, bienvenue chez Citroën) et là, surprise, la touche de saut est bien définie sur X. Admettons-le, nous n’avons pas testé les commandes au clavier ou à la souris et avons préféré fuir devant tant de chaos.

Pourtant c’était bien expliqué que ce n’était pas la même configuration selon la manette !

 Un « Walker » plutôt qu’un « Runner » ?

Quand on pense runner, on pense à Sonic, Mario ou pour les plus jeunes, Rayman Legends. Ces jeux ultra connus sont basés sur les réflexes du joueur et demandent une parfaite connaissance des niveaux.

Et bien Maybot Run porte mal son nom. Les développeurs devraient le renommer Maybot Walk tellement l’impression de lenteur se fait ressentir, tant au niveau du défilement de l’écran que de la longueur interminable des niveaux. Trois niveaux sont disponibles et le dernier est littéralement interminable puisqu’il boucle jusqu’à ce que votre personnage se fasse piéger.

L’objectif du jeu consiste à réaliser le plus haut score possible par :

  • La collecte de sacs de blé qui vous permettront de remplir une jauge de tir. Par défaut, vous ne pouvez que sauter et vous abaisser.
  • La collecte d’argent pour acheter des bonus en jeu comme par exemple un double saut ou des vies supplémentaires.
  • La collecte de bulletins de vote qui permettent de débloquer de nouvelles compétences et de nouveaux personnages
  • Eviter de rencontrer des bombes explosives qui pourraient vous faire trépasser.
  • Venir à bout des boss de fin qui sont d’une facilité déconcertante.
WOAAA ! Des upgrades et des nouveaux personnages !

Les bonus disponibles devront être achetés en cours de jeu, c’est-à-dire que lors de votre course, votre personnage devra collecter l’objet désiré. Lors de ce choix de bonus, le jeu en revanche, ne ralenti pas, ce qui vous oblige à connaitre la couleur, le prix et l’effet des objets par cœur. C’est un bon point sur le long terme puisqu’on se rapproche des exigences d’un runner même si les autres jeux proposent d’acheter les bonus en début ou en fin de partie pour laisser au joueur le temps de les analyser et de choisir comment dépenser son argent durement collecté.

T’as ½ secondes pour choisir ton « bonus » en ayant en tête ton argent disponible, en évitant les obstacles et en lisant le breaking news (en Anglais) en bas de l’écran. Ez.

Autre surprise du jeu : la sauvegarde. Les runners classiques vous proposent des checkpoint, des sauvegardes automatiques en début ou fin de niveau ou l’accès à un écran spécifique dans les menus. Et bien dans Maybot Run, pour sauvegarder et sécuriser votre score, vous devrez acheter avec la totalité de votre argent un bonus en cours de course. Et ouais, sauvegarder, ça se mérite et ça se paye !

Des bonus qui ressemblent plus à des malus

Vous pensiez que les bonus étaient là pour vous aider ? Détrompez-vous ! Le double saut par exemple est plus handicapant que bénéfique. Autant il peut vous permettre d’éviter un obstacle impromptu, autant si vous vous loupez à la fin d’une section, vous êtes mort.

Heureusement ou malheureusement (rayez la mention inutile), les niveaux sont conçus à partir de sections qui s’agencent de manière aléatoire tel un vrai rogue-like. On vient de vous vendre des niveaux rejouables à l’infini, elle est pas belle la vie ? Sauf que (oui, encore un), les sections sont tellement peu nombreuses que l’infini est répétitif et n’atteint pas son but de tenir le joueur en haleine. Pour ne rien arranger, la disposition des sections les unes par rapport aux autres ne semble pas avoir été conçue pour faciliter la fluidité de progression, à tel point qu’il n’est pas rare d’être coincé dans un obstacle ou de se prendre une bombe surprise.

Je saute, je meurs…je me laisse tomber, je meurs…solution ? Aucune.

Si vous êtes vraiment maso, vous pouvez tenter de profiter d’un bouclier supplémentaire sur votre personnage qui aura pour effet de considérablement augmenter votre hitbox ou encore de déclencher un mode invincible dont la fin d’effet n’est pas indiquée. Top départ : choisissez entre augmenter votre capacité à vous faire toucher ou une invincibilité de façade puisque vous devrez quand même continuer à éviter les obstacles au cas où l’effet serait déjà terminé…vous avez 2 secondes (temps maximum requis pour prendre une décision dans un runner).

Compatibilité entre les vannes politiques Anglaises et les gamers Français

Outre le gameplay foireux à souhait, le jeu propose une satire de la politique Anglaise du moment. Il est notamment possible de sélectionner d’autres personnages que Theresa May comme David Cameron ou Margaret Thatcher. A moins d’être un fan inconditionnel de la politique Britannique, l’humour de ce jeu passera au-dessus de la plupart des gamers Français et ce pour deux raisons :

  • Les vannes sont incrustées sous la forme de texte dans le défilement du jeu. If you don’t speak English very well, lire un texte en Anglais sur un plan qui défile n’est pas à la portée de tout le monde, surtout lorsque vous devez vous concentrer sur l’évitement des obstacles et la collecte des items.
  • Aucun parti conservateur ne se revendique comme tel en France. De ce fait, il est très difficile de faire le moindre parallèle entre ce qui peut se passer politiquement en Grande Bretagne et les joyeusetés politiques Françaises.
« Slavery Schmavery, i’ve got so much cash », c’est bien compris ?

Pour ne rien arranger, la musique du jeu n’est pas adaptée à l’ambiance du jeu, d’autant qu’il s’agit, pour le premier niveau, d’une piste de 30 secondes bouclant à l’infini. Pour garantir la santé mentale de l’auteur de ce test, la musique du jeu a été désactivée à partir du second niveau.

Conclusion et avis de l’auteur

Malheureusement et malgré leur expérience de codeur et de joueur, il s’agit aussi du premier jeu des développeurs de Maybot Run. Si les intentions sont bonnes, elles sont aussi mal utilisées ce qui donne un résultat en demi-teinte. Pour faire simple : le jeu est-il bon ? Non ! Le jeu est-il mauvais ? Non plus ! Pour l’exemple, j’ai joué près de six heures au jeu pour débloquer les diverses options et perks disponibles et j’en suis venu à inscrire le plus haut score au tableau, choses que je n’aurais pas faites si le jeu avait été vraiment médiocre. Cependant son gameplay le rend souvent frustrant et une fois ces six heures passées, je n’ai pas l’intention d’y revenir, sauf si je devais avoir vingt ou trente minutes à tuer et aucun autre jeu auquel jouer.

En résumé, il y a bien trop de points perfectibles dans le gameplay de Maybot Run pour en faire un bon jeu, même si l’on peut voir les bonnes idées en jouant, les seules personnes que ce jeu pourrait vraiment intéresser sont celles qui aiment les jeux d’arcades à l’ancienne, c’est à dire faire du scoring pour rejoindre les meilleurs joueurs au panthéon. Pour ces derniers, vous êtes libres de venir me défier et tenter de me ravir ma première place !

Niveau d’expansion de joie pendant la beta de Maybot Run

 

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