[Beta Test] Hexamaster – Comme un air de déjà vu

Tiens, tiens, tiens… Un jeu de cartes. Il y en a de plus en plus par les temps qui courent. Entre les plus connus comme « Hearthstone » de Blizzard ou « Gwent » de CD Projekt et ceux qui tentent de se faire une place comme les français d’Ankama avec « Krosmaga » , un groupement de développeurs indépendants prend le pari de percer. À des années lumières des grosses productions, Hexamaster intrigue car bien loin des standards du genre. Comment va-t-il réussir à se différencier et sortir du lot face aux mastodontes du marché ? C’est ce que nous allons voir dans ce test de la version bêta.

À vos cartes ?! Prêt ? Partez !

Hexamaster est un jeu de cartes sur navigateur développé par le groupement d’indépendants Dreamirl et édité par la plateforme Nebula. Un projet Kickstarter est en cours, si vous voulez venir en aide aux développeurs c’est par ici ! Le jeu est disponible gratuitement, il vous suffit de vous créer un compte Nebula pour en profiter. Créatures fantastiques et guerres de territoires sont au programme !

Au premier lancement, c’est un tutoriel basique et plutôt bien fichu qui nous expose les mécaniques de base du jeu. Une certaine dose d’humour est présente ce qui permet de tenir en haleine le joueur avant d’arriver dans le vif du sujet. Le principe est simple : chaque joueur a 5 cartes avec lesquelles il doit capturer les cartes adverses. Pendant son tour, le joueur pose une carte sur le terrain de jeu (un carré de 16 cases) et essaye de capturer le maximum de cartes.

Impossible ici de détruire une créature adverse. Une fois posée, la carte reste en jeu jusqu’à la fin de la partie. Le gagnant étant celui ayant capturé le plus de cartes. Le principe du jeu repose sur un système de combo et de réactions en chaîne : avec une carte, le cours de la partie peut changer drastiquement. Les parties sont donc rapides et l’on enchaîne rapidement les victoires… ou les défaites…

On a déjà vu ça quelque-part…

Vous l’aurez deviné, ce principe est très proche (un peu trop même) des jeux de cartes « Triple Triad » et « Tetra Master » présents dans Final fantasy VIII et IX (1999 et 2001) de notre chère Playstation 1. Pour ceux qui y ont déjà joué (pour les autres je vous invite fortement à vous y plonger), il est impossible de ne pas ressentir de la nostalgie dès le tutoriel d’introduction et vous ne serez en aucun cas perdus (c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas !). Ne serait-ce que pour ça, merci aux développeurs de Dreamirl pour ces souvenirs !


Un menteur chronique dirait : « Excusez-moi mais je ne vois pas la ressemblance… »

Les joueurs n’ayant pas connu les jeux de cartes intégrés à Final Fantasy prendront plaisir à utiliser des nouvelles mécaniques. Le système de Hexamaster étant très différent des classiques du genre (Hearthstone, Gwent, etc…).

Chaque carte est organisée de la même façon, avec des caractéristiques qui lui sont propres :

  • Une ou plusieurs flèches, ces flèches (situées sur les bords de la carte) vont indiquer dans quelle direction la carte va attaquer. Si deux flèches se font faces il y a confrontation (attaque/défense), en cas d’égalité c’est l’attaquant qui remporte le duel.
  • Un cœur, faisant référence aux points de vie de la carte en question
  • Des épées, pour la puissance d’attaque
  • Une lettre, P pour attaque physique, M pour attaque magique, A (attaque hybride) qui prend en compte ses statistiques les plus puissantes (attaque et défense) en fonction de la carte adverse et le X qui va utiliser automatiquement le type d’attaque le plus efficace (physique ou magique) en fonction de la défense de la carte adverse.
  • Un bouclier, c’est la défense physique
  • Un quart de cercle jaune, c’est la défense magique

Le joueur assimile rapidement les règles du jeu et les effets de chaque type de cartes. L’ambiance sonore est bonne, cependant l’aspect graphique n’est pas exempt de défauts.

Une esthétique originale mais perfectible…

Le moteur maison de Dreamirl, le « Dream-Engine » (utilisant le HTML 5) donne un rendu agréable et les illustrations des cartes sont bien travaillées. Si vous voulez en savoir plus sur la technologie je vous invite à vous rendre sur le site dédié. Cependant, certains points viennent entacher le rendu visuel global. En effet, il y des icônes et des effets qui (comme le montre ces screenshots) viennent gâcher le travail réalisé par les développeurs. C’est dommage.

(Gauche : Quoi ?! Elle ne vous donne pas envie cette potion ?!) (Droite : Cette fumée rappelle l’outil « aérographe » de Paint, nostalgie !)

Il faut souligner le chemin pris par la direction artistique du titre concernant les illustrations des cartes. En effet en plus d’être agréables à regarder, elles ont le mérite d’être originales. On espère que les développeurs vont continuer d’en ajouter !

Le travail réalisé sur les cartes est intéressant et attire le regard

Un contenu léger, mais qui a du potentiel !

Au niveau des cartes, Hexamaster propose pour l’instant 3 familles (forêt envoutée de Verunac, Désert d’Amafar et M109 Inferno) pour un total de 36 cartes. C’est peu et très en deçà de ce que l’on a l’habitude d’avoir dans les autres titres du genre. L’effet « attrapez les tous ! » ne se fait pas sentir. Il est possible de fabriquer de nouvelles cartes avec les potions gagnées.

Une dimension RPG intéressante a été intégrée aux cartes : le joueur peut choisir de sacrifier (ou non) une carte afin d’augmenter la puissance d’une autre. Attention toutefois à bien régler le matchmaking pour ne pas tomber sur un adversaire ayant des cartes invincibles par rapport aux nôtres. De plus, avant chaque match, le joueur peut choisir un bonus pour la prochaine partie (« attaque +1 » ou «  force multipliée par 2 » pour la prochaine carte jouée).

Les parties en réseau sont malheureusement rares, très peu de joueurs sont présents. Vous passerez de nombreuses minutes à attendre un adversaire digne de ce nom.

Vous finirez par haïr cet écran !

Le mode solo ne propose actuellement qu’un tutoriel composé de 5 niveaux. L’équipe précise que l’histoire est en cours de préparation. En effet, sur la page Kickstarter on remarque très vite la volonté de créer un univers avec une narration travaillée. On regrette l’absence de contenu, ne serait-ce qu’un paragraphe nous expliquant dans les grandes lignes les détails de cet univers.

Des matchs contre l’IA, intitulés « Double Maléfique », proposent de se livrer en duel contre un « moi » de plus en plus coriace. Cela ne suffit malheureusement pas à laisser le joueur sur sa faim. La boutique permet d’acheter des potions nécessaires à la création de nouvelles cartes, on vous rassure tout de suite : à aucun moment le joueur ne doit passer à la caisse !

Une carte bien placée change radicalement l’issue de la partie

Conclusion

Hexamaster a du potentiel, c’est certain. On souligne encore une fois la qualité du travail effectué sur l’ambiance sonore et les illustrations, on attend avec impatience l’ajout de nouvelles cartes par l’équipe de développement ! Cependant, le contenu proposé ici est bien trop faible et agit négativement sur le ressenti général des joueurs. Les joueurs habitués des anciens Final Fantasy prendront beaucoup de plaisir à retrouver les mécaniques de Tetra Master remises au goût du jour. Ce dernier puisait sa force dans un univers riche et complexe, chose que Hexamaster ne peut (pas encore) faire. L’équipe doit continuer dans ce sens et partager leur envie de narration avec les joueurs ! Sans ce travail sur l’univers et l’histoire, Hexamaster ne grandira pas et ne pourra faire la différence face à ses concurrents.

Niveau d’expansion de joie pendant la beta de Hexamaster :

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